Cette grande figure du Management des organisations est décédé le 27 Septembre 2018.Il a été un des fondateurs de la théorie des organisations, ainsi que de l’apprentissage organisationnel.Connu également pour ses travaux sur la décision , en particulier sur la rationalité adaptative avec Richard Cyert , il révolutionna et remit en cause l’approche contractualiste de la firme :dans leur approche behavioriste de la firme, l’interrogation majeure est différente de celle qui prévaut dans l’approche contractuelle de la firme. Ce ne sont pas les contrats qui sont au centre de l’analyse. La théorie behavioriste de la firme analyse la nature des relations qui se nouent entre les individus et des groupes qui composent la firme.Les deux auteurs ont d’ailleurs soutenu que l’entreprise ne peut pas être considérée comme un bloc monolithe, parce que les différents individus et les groupes ont leurs propres aspirations et des intérêts conflictuels. Donc, le comportement des entreprises est pondéré par les résultats de ces conflits. Ces mécanismes d’organisation (la prise de décision “satisfaisante” et séquentielle) existent pour maintenir des niveaux de conflits qui ne soient pas trop nuisibles à l’entreprise.

James March était également connu par son approche pédagogique , préférant mobiliser avec ses étudiants Don Quichotte , voire Guerre et Paix , pour expliquer ce qui régit le comportement des acteurs, ainsi que les décisions au sein de construits sociaux, que des cas plus traditionnels.

Certains estiment , qu’il aurait du partager le prix de la Banque de Suède en 1978 avec Herbert SIMON, lauréat du prix cette année là pour ses travaux sur la rationalité limitée (qu’ils avaient développé en commun).Il avaient d’ailleurs écrit un excellent ouvrage ensemble : “Organizations”, qui fait figure de référence.

Auteur avec Richard CYERT de “A behavioral theory of the firm” (1963), il essaiera de donner un caractère plus opératoire aux idées de SIMON au sein du courant béhavioriste dont les principaux marqueurs sont :

  • d’abandonner le principe de maximisation et lui préférer celui de “satisfaction” ;
  • de considérer que la firme est également le lieu de processus de prise de décision et d’apprentissages collectifs. Ce processus de décision n’est possible que si des procédures organisationnelles et des routines sont mises en place. Autrement dit, la prise de décision sera facilitée à l’aide d’un apprentissage collectif des possibilités d’amélioration de l’efficacité;
  • de considérer la firme comme une unité d’analyse de base ;
  • de comprendre le comportement futur de la firme en fonction d’un ensemble d’objectifs (en termes de prix, d’output, d’allocations), ce qui impose d’abandonner la référence unique au profit ;
  • d’insister sur l’analyse du processus de décision de la firme comme priorité de recherche;

 

Il figure en bonne place au sein des référentiels du DCG (UE7) et du DSCG (UE3) .

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